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Publication Pneumocystose après transplantation pulmonaire : Une étude rétrospective multicentrique 19 juin 2020

Pneumocystis jirovecii est un champignon responsable de pneumopathies opportunistes potentiellement mortelles chez les patients immunodéprimés, notamment par greffe d’organe solide. Les données actuelles de la littérature sont pauvres dans la sous-population de patients transplantés pulmonaires.

Nous avons élaboré une étude rétrospective multicentrique sur 9 centres de transplantation pulmonaire en France permettant d’inclure 47 patients ayant développé une pneumocystose après transplantation entre janvier 2010 et octobre 2017. Les étiologies des transplantations étaient diverses.

L’incidence minimum était évaluée à 2,7/1000 patients/an. Seuls 64% des patients étaient sous prophylaxie avant l’épisode. Le délai entre l’infection et la transplantation variait entre 7 jours et 25 ans, plaidant pour une prophylaxie médicamenteuse précoce et à vie. Tous les patients étaient sous plusieurs immunosuppresseurs dont des corticoïdes. Dans 91% des cas, le diagnostic microbiologique était posé par la PCR dans le lavage broncho alvéolaire. Les co-infections étaient fréquentes (67%), principalement respiratoires.

Plus de la moitié des cas étaient hospitalisés en réanimation. La mortalité était de 23% à J+90. Le traitement curatif était le triméthoprime-sulfaméthoxazole dans 78% des cas. La gestion de la corticothérapie pendant l’épisode était variable, sans association significative avec le pronostic. La mortalité était associée à la coinfection aspergillaire ou à Pseudomonas aeruginosa, un VEMS plus bas et à une immunodépression par évérolimus. Il n’y avait pas de séquelle fonctionnelle respiratoire à 1 an chez les survivants.

Delbove et al. Pneumocystis pneumonia after lung transplantation: A retrospective multicenter study. Respiratory Medicine, 2020, 106019, ISSN 0954-6111, https://doi.org/10.1016/j.rmed.2020.106019.